Archives du mardi 18 mai 2010

mardi 18 mai 2010

La Chine et l’écologie : Diablotin vs Angelot

Alors que l’Occident s’éveille doucement et lentement à l’écologie, les chinois semblent être déconnectés des aspirations actuelles pour la protection de l’environnement. La course au développement prend des allures de défi de destruction massive de la Nature. Les citadins s’enorgueillissent de posséder le véhicule motorisé personnel le plus gros, puissant et polluant possible.

Camper Lotus

Camper Lotus

Le sol étant par essence sale, y jeter des détritus n’importe pas. De toute manière, si une personne est payée pour ramasser les immondices qui jonchent le sol cela permet de stimuler l’économie. En Chine où tout vient du gouvernement, le moins que l’on puisse dire est qu’il n’est rien fait pour sensibiliser la population. Même si la Chine s’est engagée à réduire ses émissions de gaz à effet de serre à Copenhague, la communauté internationale attend toujours les résultats d’une telle entreprise. Mais l’on sait déjà, qu’avec les moyens dont dispose le gouvernement, l’information sur les bonnes pratiques en matière de comportements écologiquement responsables trouverait un écho et les résultats seraient rapidement sensibles. On se souvient des campagnes de politesse et de propreté pour accueillir les Jeux Olympiques de Pékin.

Premier pollueur mondial et des revendications écologiques qui valent de l’or

A Guangzhou avait eu lieu l’hiver dernier une manifestation condamnant un projet d’usine d’incinération (région de Canton). D’autres minis évènement ont désormais lieu ça et  là ce qui montre un début de préoccupation.

Dans le même ordre d’idée, l’an dernier Pékin a enregistré 256 jours de ciel bleu soit un chiffre correspondant au critère d’amélioration de la qualité de l’air. Mais cette réjouissante perspective est due au déplacement des stations et au changement du mode de calcul de la pollution. Pas de quoi s’enthousiasmer pour ce voyage derniere minute vers la dépollution.

Pour autant, si l’on considère l’évolution du green business, on sait déjà que les industriels chinois ne manqueront pas de s’y jeter avec fougue. L’appel du profit fait déjà bouillonner les équipes de R&D mais ne garantit pas pour autant que les produits étiquettes green qui sortiront des usines le seront vraiment. Ou alors le seront-ils pour le marché occidental qui se targuera de rouler en voiture électrique alors que l’usine de montage en Chine polluera particulièrement la région où elle sera implantée.

Avec une telle vision, l’or vert ne garantit pas une sensibilisation global du respect de l’environnement mais plutôt un pis aller, une façade de préoccupation qui déculpabiliseront ceux qui feront fonctionner cette nouvelle économie aux horizons prometteurs.

La promesse d’énergies plus vertes

Curieusement, ce qui peut sauver la Nature chinoise c’est la chasse à l’énergie. Alors que ce sont les ressources fossiles qui ont permis de développer la Chine, ce seront d’autres ressources qui sont en mesure d’inverser la tendance. La Chine dispose d’une telle énergie, au sens propre comme figuré, que l’on ne doute pas d’une seconde l’impact que cela aura quand l’éolien ou le solaire seront monnaie courante. Du charbon aux énergies renouvelables, il n’y a qu’un pas… et les écovilles témoignent de cette nouvelle tendance. Mais on est loin du succès escompté….

Façade ou réelle avancée? De tels prototypes de villes servent autant à prouver les capacités techniques – déjà indéniables des chinois – qu’à attirer les investisseurs étrangers ou à stimuler la corruption locale.

Doit on voir une once d’honnêteté ailleurs que dans les manifestations étudiantes ou isolées ?

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Cet article a été rédigé par lisa
mardi 18 mai 2010 dans la catégorie pollution
mardi 04 mai 2010

D’une marée noire l’autre, D’une société pétrolière, l’autre: après Total, BP

Alors que Barack Obama est arrivé hier en Louisiane, la catastrophe s’est avérée amplifiée et est en passe de remporter le terrible trophée de pire marée noire survenue en territoire américain.

La marée noire continue sa triste avancée vers la côte depuis la plateforme pétrolière de Deepwater Horizon, dans le golfe du Mexique. Suite à son explosion le 20 avril, elle a coulé par 1500 mètre de fond, entrainant avec elle quelques 2,6 millions litres de pétrole.

Depuis cet accident, une nappe de près de 1000 km de circonférence vogue lentement mais surement vers les côtes américaines. Apres Katrina en 2005, la Louisiane s’apprête à accueillir une marée noire qui risque de dépasser les pires prévisions, tant en matière de quantité que de rapidité. En effet, la situation est de loin aggravée par la fuite de non 1000 mais 5000 barils par jour, soit 800 000 litres.

Comment préserver les côtes américaines ?

Entre la Louisiane, le Mississipi, la Floride ou l’Alabama, la marée noire menace 40% des marais côtiers, le delta du Mississipi mais aussi l’activité florissante de la pêche. Avec les poissons, c’est tout un écosystème riche qui est menacé de destruction pure et simple. Crustacés, huitres, mais aussi mammifères marins tels tortues, dauphines ou baleines ou oiseaux viennent se reproduire dans ce delta. Sans compter les célèbres alligators.

Une course contre la montre est désormais lancée, presque perdue d’avance face à l’ampleur de la fuite (multipliée par 5 par rapport aux estimations initiales). Les barrages flrottants sont désormais installé sur une distance couvrant 20 miles nautiques mais d’ores et déjà, tant les autorités que les garde-côtes savent que ces mesures seront loin d’être suffisantes.

Alors que tout est fait pour endiguer les flots pétroliers près des côtes, les mesures en haute mer n’ont pas été couronnées du succès escomptés. Les bras robotisés n’ayant pas été en mesure de colmater les fuites.

Le pétrole continue donc de s’échapper, continuellement. Mardi dernier, le 26 avril, BP avait annoncé cet échec alors que dans le même temps était entrepris la construction d’un couvercle destiné à retenir le pétrole. Une troisième solution a été approchée afin de parer à cette situation d’urgence : en forant des conduits parallèles, il serait possible d’injecter un enduit capable de boucher définitivement le puits. Toutes ces solutions sont envisageables mais demeurent consignés dans un temps long, soit infructueuse dans la mesure où éviter le pire est désormais la seule attitude à adopter sans quoi habitants, touristes et chaque restaurant gastronomique Vieux Montreal devront se passer des richesses du Golfe du Mexique et tous les amoureux de la nature pleureront la blessure mortelle portée à cette région déjà fragile.


Dans cette urgence, a été émis l’idée extrême de mettre le feu à l’Océan. De la pollution côtière et maritime à la pollution atmosphérique, il faut envisager de faire un choix du pire. Des essais sont en cours actuellement. Les gardes-côtes et BP ont séparée une partie de la nappe à l’aide de barrages flottants pour l’enflammer. L’incendie contrôlé dure une partie de la nuit et crée un nuage toxique qui se dissipe avant les côtes mais non sans effet sur la qualité de l’air.

A juste titre peu convaincu par l’effet de cette mesure, Frank Haeseler le chef du département de géochimie de l’Institut français du pétrole a déclaré que « cela revient la peste au choléra ». Et l’on est d’accord mais le vent a arrêté toutes tentatives de ce genre, quoiqu’il en soit sans grand effet positif réel.

Maintenant que le « Loop current » est un scénario plus que plausible, la marée noire pourrait toucher la région des Keys, Miami mais aussi les Bahamas. Après avoir touché les côtes le 30 avril, la mangrove est désormais menacée par la nappe, ainsi que les marécages. Là, dans ces zones difficiles d’accès, avec ce pétrole vieilli, donc très collant il sera très difficile de nettoyer, d’autant plus qu’il est beaucoup moins biodégradable qu’un pétrole frais… Le pire reste donc à venir.

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Cet article a été rédigé par Thomas
mardi 04 mai 2010 dans la catégorie pollution