jeudi 18 février 2010

2010, année de la biodiversité

En Octobre prochain, se tiendra la 10e Convention sur la diversité biologique à Nagoya et force est de constater qu’il est plus que nécessaire d’agir pour la protection des espèces. En effet, l’humain n’a que peu d’égard pour les autres êtres vivants. Il a beau construire une maison bois et pédaler pour se déplacer, il n’en reste pas moins le responsable d’un taux d’extinction jusqu’à 1000 fois plus élevé que Mère Nature. L’alerte est telle que, d’ici le milieu du siècle, un quart des espèces vivantes pourrait disparaître.

L’enjeu de cette 10e Convention est de développer des outils afin de ne pas reproduire l’échec des objectifs prévus en 2002 à Johannesburg lors du Sommet mondial sur le développement durable. Mais il semble que les protocoles ou autres sommets, conventions et accords internationaux n’ont que peu d’effets sur les espèces répertoriées sur la liste rouge de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature.
La Liste rouge de l’UICN recense l’état de conservation de la faune et flore mondiale en se basant sur des critères précis. Elle est aujourd’hui l’outil de référence en ce qui concerne la diversité biologique de la planète : elle propose à l’instant T une photographie des espèces menacées afin de sensibiliser les politiques, la communauté internationale et le public.

Ainsi, la classification s’organise en neuf catégories, avec entre autre : éteinte, éteinte à l’état sauvage, en danger critique, en danger, vulnérable, quasi menacée… Les critères quantitatifs pris en compte pour l’établir sont le taux de déclin, la population totale, la zone d’occurrence et d’occupation, le degré de peuplement et la fragmentation de la répartition.

Elle fait état qu’une espèce d’amphibien sur trois, d’oiseau sur huit, d’un mammifère sur cinq ou encore une variété de conifère sur quatre sont en passe de s’éteindre. L’objectif est autant de travailler sur les causes que sur les conditions de cette extinction.

Si l’on ne peut remettre en question, le travail de l’UICN, il en reste partiel. En effet, l’évaluation concerne 47 663 espèces sur des millions rapporte Craig Hilton-Taylor dans le communiqué de presse publié à la sortie de l’édition 2009. De plus, la conservation peut porter ses fruits quand les enjeux commerciaux ne viennent pas menacer la lutte contre l’extinction elle-même.

Ainsi, la préservation du thon rouge est autrement plus polémique que l’ombre d’Australie (poisson) dont le statut est passé de « vulnérable » à presque menacé » en installant des échelles à migration, la plantation de végétation sur les berges et la sensibilisation des espèces.

Les enjeux sont alors internationaux à l’image de la prise de position de la France en faveur de l’interdiction du commerce international de thon rouge, espèce menacée en Méditerranée. Pour autant, des nuances ont été apportés à cette position : elle sera effective après dix-huit mois d’étude, ce qui rend caduque à ce jour tout effort de préservation. L’exemple du thon rouge est symptomatique de l’influence néfaste de l’homme sur la Nature puisque la menace est en lien direct avec la mode des sushis, dont il est un des principaux ingrédients.

Entre pressions financières et activités économiques au sens large, la Convention de Nagoya aura fort à faire pour convaincre et mobiliser. En prévoyant actuellement peu de contraintes, les pays restent largement libres de remplir ou non leurs obligations. Ce qui devrait changer en 2010. Les gros mots ont été prononcés par Ahmed Djoghlaf, le secrétaire exécutif de la Convention sur la diversité biologique de l’ONU : « protocole », « redevances » avec la mise en place d’outils suite à la convention d’octobre… La communauté internationale a pu constater combien il était difficile à Copenhague de convenir d’un accord entre les grands états, il semble réaliste de penser qu’il en sera de même à Nagoya…
En revanche, si le Canada continue ses efforts pour la préservation de l’environnement et de la biodiversité, l’industrie des sables bitumeux est toujours d’actualité !

Cet article a été rédigé par lisa
jeudi 18 février 2010 dans la catégorie Extinctions

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