Alors que Barack Obama est arrivé hier en Louisiane, la catastrophe s’est avérée amplifiée et est en passe de remporter le terrible trophée de pire marée noire survenue en territoire américain.
La marée noire continue sa triste avancée vers la côte depuis la plateforme pétrolière de Deepwater Horizon, dans le golfe du Mexique. Suite à son explosion le 20 avril, elle a coulé par 1500 mètre de fond, entrainant avec elle quelques 2,6 millions litres de pétrole.
Depuis cet accident, une nappe de près de 1000 km de circonférence vogue lentement mais surement vers les côtes américaines. Apres Katrina en 2005, la Louisiane s’apprête à accueillir une marée noire qui risque de dépasser les pires prévisions, tant en matière de quantité que de rapidité. En effet, la situation est de loin aggravée par la fuite de non 1000 mais 5000 barils par jour, soit 800 000 litres.
Comment préserver les côtes américaines ?
Entre la Louisiane, le Mississipi, la Floride ou l’Alabama, la marée noire menace 40% des marais côtiers, le delta du Mississipi mais aussi l’activité florissante de la pêche. Avec les poissons, c’est tout un écosystème riche qui est menacé de destruction pure et simple. Crustacés, huitres, mais aussi mammifères marins tels tortues, dauphines ou baleines ou oiseaux viennent se reproduire dans ce delta. Sans compter les célèbres alligators.
Une course contre la montre est désormais lancée, presque perdue d’avance face à l’ampleur de la fuite (multipliée par 5 par rapport aux estimations initiales). Les barrages flrottants sont désormais installé sur une distance couvrant 20 miles nautiques mais d’ores et déjà, tant les autorités que les garde-côtes savent que ces mesures seront loin d’être suffisantes.
Alors que tout est fait pour endiguer les flots pétroliers près des côtes, les mesures en haute mer n’ont pas été couronnées du succès escomptés. Les bras robotisés n’ayant pas été en mesure de colmater les fuites.
Le pétrole continue donc de s’échapper, continuellement. Mardi dernier, le 26 avril, BP avait annoncé cet échec alors que dans le même temps était entrepris la construction d’un couvercle destiné à retenir le pétrole. Une troisième solution a été approchée afin de parer à cette situation d’urgence : en forant des conduits parallèles, il serait possible d’injecter un enduit capable de boucher définitivement le puits. Toutes ces solutions sont envisageables mais demeurent consignés dans un temps long, soit infructueuse dans la mesure où éviter le pire est désormais la seule attitude à adopter sans quoi habitants, touristes et chaque restaurant gastronomique Vieux Montreal devront se passer des richesses du Golfe du Mexique et tous les amoureux de la nature pleureront la blessure mortelle portée à cette région déjà fragile.
Dans cette urgence, a été émis l’idée extrême de mettre le feu à l’Océan. De la pollution côtière et maritime à la pollution atmosphérique, il faut envisager de faire un choix du pire. Des essais sont en cours actuellement. Les gardes-côtes et BP ont séparée une partie de la nappe à l’aide de barrages flottants pour l’enflammer. L’incendie contrôlé dure une partie de la nuit et crée un nuage toxique qui se dissipe avant les côtes mais non sans effet sur la qualité de l’air.
A juste titre peu convaincu par l’effet de cette mesure, Frank Haeseler le chef du département de géochimie de l’Institut français du pétrole a déclaré que « cela revient la peste au choléra ». Et l’on est d’accord mais le vent a arrêté toutes tentatives de ce genre, quoiqu’il en soit sans grand effet positif réel.
Maintenant que le « Loop current » est un scénario plus que plausible, la marée noire pourrait toucher la région des Keys, Miami mais aussi les Bahamas. Après avoir touché les côtes le 30 avril, la mangrove est désormais menacée par la nappe, ainsi que les marécages. Là, dans ces zones difficiles d’accès, avec ce pétrole vieilli, donc très collant il sera très difficile de nettoyer, d’autant plus qu’il est beaucoup moins biodégradable qu’un pétrole frais… Le pire reste donc à venir.





