Depuis le mois de décembre, un véritable climagate ébranle la société des climatologues et autres experts en réchauffement climatique. Hackers, données chiffrées fausses, les cafouillages se multiplient autour du GIEC, le groupe d’expert en climatologie, co-prix Nobel de la paix avec Al Gore en 2007.
Ces polémiques viennent apporter du crédit aux climato-sceptiques, accroc à l’idée que tout n’est qu’une vaste supercherie. Et un complot des lobbys. Enfin, il est certain que les chiffres sont à prendre à compte, mais tout un chacun sait combien il est difficile d’évaluer la fonte des glaciers.
Quoiqu’il en soit, c’est indubitable qu’en Alaska ou en Himalaya, les réserves de glace s’amenuisent et amènent leurs lots de conséquence sur l’environnement. Si le rapport du GIEC disant qu’en 2035 les glaciers d’Himalaya auraient fondu rapporte une information erronée cela ne eut pas pour autant dire que l’heure est aux réjouissances.
Un article de Nature Geoscience publié fin janvier rapporte une étude franco canadienne revoyant à la baisse la fonte moyenne des glaciers. Cette baisse n’est bien sur qu’une fausse bonne nouvelle puisqu’au final, l’accélération de la fonte depuis les dix dernières années est elle très marquée. La fonte des glaciers révèle une réalité et des perspectives bien peu réjouissantes…
D’après l’étude du Laboratoire d’études en géophysique et océanographie spatiales, la perte annuelle dépasse les 90 milliards de tonnes depuis une dizaine d’années. Or, la fonte des glaciers contribue à la hausse du niveau marin à hauteur de 1/3, soit une hausse de 17 centimètre pour le siècle dernier. Cette hausse menace directement les zones côtières, et des millions d’habitants.
Mais la fonte des glaciers se manifestent aussi sur le sol directement : la lumière absorbée par le sol sombre et chargé en méthane libéré lors de la fonte du pergélisol agirait comme 40% des émissions industrielles américaines. Or, si les changements climatiques ne font pas partie des questions traitées par le G7, un chiffre pourtant alarmant a été publié par le groupe écologiste américain Pew. Non content de faire monter le niveau des océans et d’augmenter les émissions de méthane, le réchauffement de l’Arctique couterait 2400 milliards de dollars US pour les quarante années à venir.
La crise financière n’est pas encore résolue, la crise climatologique n’est pas dans les priorités, aux Etats Unis notamment (à qui appartient l’Alaska), prévenir l’endettement des ménages reste la préoccupation à court terme.
Pour autant, un article du Monde fait état des conséquences directes en terme de catastrophes naturelles liées à la fonte des glaciers: inondations, tornades…136 villes côtières sont directement concernées, dont la côte Est de Etats Unis ou l’Asie du Sud Est.
De plus, d’ici à 2050, le cout du réchauffement climatique est estimé à 28 000 milliards de dollars contre 3000 milliards pour la crise financière.
Si les gros chiffres font à la fois peur et ne veulent rien dire, les solutions à visée pratiques sont elles attendues et plébiscitées par les spécialistes et organisations écologiques: la première est de soigner et fortifier les écosystèmes. Les remparts les plus efficaces pendant le tsunami ont été les mangroves… mais à New York ou au Bangladesh, il semble difficile de s’occuper de la végétation côtière, encore faudrait-il qu’elle existe…


