Alors que l’Occident s’éveille doucement et lentement à l’écologie, les chinois semblent être déconnectés des aspirations actuelles pour la protection de l’environnement. La course au développement prend des allures de défi de destruction massive de la Nature. Les citadins s’enorgueillissent de posséder le véhicule motorisé personnel le plus gros, puissant et polluant possible.
Le sol étant par essence sale, y jeter des détritus n’importe pas. De toute manière, si une personne est payée pour ramasser les immondices qui jonchent le sol cela permet de stimuler l’économie. En Chine où tout vient du gouvernement, le moins que l’on puisse dire est qu’il n’est rien fait pour sensibiliser la population. Même si la Chine s’est engagée à réduire ses émissions de gaz à effet de serre à Copenhague, la communauté internationale attend toujours les résultats d’une telle entreprise. Mais l’on sait déjà, qu’avec les moyens dont dispose le gouvernement, l’information sur les bonnes pratiques en matière de comportements écologiquement responsables trouverait un écho et les résultats seraient rapidement sensibles. On se souvient des campagnes de politesse et de propreté pour accueillir les Jeux Olympiques de Pékin.
Premier pollueur mondial et des revendications écologiques qui valent de l’or
A Guangzhou avait eu lieu l’hiver dernier une manifestation condamnant un projet d’usine d’incinération (région de Canton). D’autres minis évènement ont désormais lieu ça et là ce qui montre un début de préoccupation.
Dans le même ordre d’idée, l’an dernier Pékin a enregistré 256 jours de ciel bleu soit un chiffre correspondant au critère d’amélioration de la qualité de l’air. Mais cette réjouissante perspective est due au déplacement des stations et au changement du mode de calcul de la pollution. Pas de quoi s’enthousiasmer pour ce voyage derniere minute vers la dépollution.
Pour autant, si l’on considère l’évolution du green business, on sait déjà que les industriels chinois ne manqueront pas de s’y jeter avec fougue. L’appel du profit fait déjà bouillonner les équipes de R&D mais ne garantit pas pour autant que les produits étiquettes green qui sortiront des usines le seront vraiment. Ou alors le seront-ils pour le marché occidental qui se targuera de rouler en voiture électrique alors que l’usine de montage en Chine polluera particulièrement la région où elle sera implantée.
Avec une telle vision, l’or vert ne garantit pas une sensibilisation global du respect de l’environnement mais plutôt un pis aller, une façade de préoccupation qui déculpabiliseront ceux qui feront fonctionner cette nouvelle économie aux horizons prometteurs.
La promesse d’énergies plus vertes
Curieusement, ce qui peut sauver la Nature chinoise c’est la chasse à l’énergie. Alors que ce sont les ressources fossiles qui ont permis de développer la Chine, ce seront d’autres ressources qui sont en mesure d’inverser la tendance. La Chine dispose d’une telle énergie, au sens propre comme figuré, que l’on ne doute pas d’une seconde l’impact que cela aura quand l’éolien ou le solaire seront monnaie courante. Du charbon aux énergies renouvelables, il n’y a qu’un pas… et les écovilles témoignent de cette nouvelle tendance. Mais on est loin du succès escompté….
Façade ou réelle avancée? De tels prototypes de villes servent autant à prouver les capacités techniques – déjà indéniables des chinois – qu’à attirer les investisseurs étrangers ou à stimuler la corruption locale.
Doit on voir une once d’honnêteté ailleurs que dans les manifestations étudiantes ou isolées ?




