Alors que la marée noire de Deepwater Horizon est avancée comme catastrophe naturelle du siècle – commençant, le président Obama vient de repousser les velléités d’exploitation des sols des mers de Beaufort ou des Tchouktches en l’Arctique par Shell. Une série de forages va avoir lieu dès cet été, au sud ouest du Groenland, et près de l’île de Baffin, le gouvernement canadien redoutant des catastrophes similaires au Golfe du Mexique.
On apprend dans cet article du Monde, qu’outre les autorités politiques et les ONG, les populations redoutent également toutes interventions de ce genre devant le grand risque de fuites que de tels travaux impliquent. Et cette réticence n’est pas imputée à une compagnie pétrolière en particulier, dans le contexte de la responsabilité de BP dans la marée noire du Deepwater Horizon, alors que justement la Cairn Energy serait intéressée par les richesses pétrolifères du nord Canada.
La raison invoquées à juste titre est la difficulté que les secours auraient si un accident, une fuite ou tout autre événement causant une marée noire aussi petite soit-elle dans les eaux glacées de l’Arctique. WWF ou Greenpeace sont, par ailleurs, plus que déterminées à combattre tout nouveau forage et travaillent dans ce sens auprès de l’administration Obama. Déjà que la banquise fond comme chocolat au soleil…
On peut noter que la catastrophe du golfe du Mexique a non seulement empêché l’exploitation de nouveaux puits suite à la récente marée noire. Obama étant du même avis, le lobbying a bien fonctionné cette fois-ci, le déjeuner des dirigeants avec l’administration américaine aura été concluant. Il n’empêche que les travaux sont seulement repoussés et non complètement annulés. Mais, il demeure inévitable que la pression économique des 13% de ressources inexploitées de l’Arctique aura raison des actions des ONG, à plus ou moins long terme.
Qu’elles soient sous forme de minerais, de pétroles ou de gaz, les ressources de l’Arctique n’ont pas fini d’attiser les convoitises des compagnies du monde entier. Le libéralisme américain a, à cet égard, a permis, par le passé, des exploitations qui, aujourd’hui, seraient compromises pour leur dangerosité. Il faut ajouter à cela les difficultés particulières qu’impliquerait la multiplication des exploitations offshore des régions nordiques. Enfin, une modification, ne serait-ce minimale, de ces fragiles écosystèmes menaceraient la faune, déjà concernée par l’extinction, ce qui mettraient, dans une désastreuse conséquence, les populations autochtones comme les Inuits dans des situations délicates, compromettant la survie de leurs pratiques alimentaires et culturelles.
La faune maritime, baleines ou autres mammifères serait particulièrement touchée par les relevés sismiques des fonds marins réalisés à l’aide de canons à air comprimés. Et l’augmentation du trafic maritime en conséquence de l’exploitation viendrait malheureusement jouer dans ce sens, sans compter les accidents que pourraient causer les icebergs et la difficulté de rejoindre ces zones difficilement navigables et atteignables.
Pour les sociétés pétrolières, cela suppose une communication désormais axée sur les mesures de sécurité contractées en amont même des projets d’exploitation. Qui plus est, elles devront être adaptées aux conditions mêmes de l’Arctique que ce soit pour des forages terrestres ou maritimes. Ces précautions devront donc être établies non seulement pour protéger la faune mais aussi pour pallier les difficultés causées par un éventuel accident dans ces conditions.
Aussi, en suivant les perspectives ouvertes par cet article paru dans le Monde, on se rend compte que l’Arctique est bien souvent minimisé dans les discussions sur la protection de l’environnement au profit de la fonte des glaciers notamment. Or, ces questions vont revêtir d’ici les mois à venir des proportions particulièrement importantes pour l’avenir.
D’autant que les glaces Arctiques sont encore mal étudiées et connues, que ce soit au niveau de leur formation que composition ou activité, aussi une quelconque catastrophe pourrait avoir des conclusions, que l’on sait d’ores et néfastes, mais aussi insoupçonnées sur le long terme.





















